Message du président

David White, MD, CCMF, FCMF, Président

Médecins dans les airs

Y a-t-il un médecin à bord? Cette annonce vous tire brusquement d’un film, d’un roman ou d’une petite sieste. Pour moi, elle provoque une certaine anxiété (« Vais-je savoir quoi faire ? »), du sentiment d’avoir un but (« On a besoin de moi ») et d’un devoir éthique (« Je ne peux tout de même pas simplement rester assis ici! »)

L’été est une saison de voyages pour bien des médecins, et mon année en tant que président m’a donné maintes occasions de prendre l’avion. Au fil des ans, j’ai répondu à cette annonce plusieurs fois, et j’ai pu gérer ces situations avec les compétences de base qui sont l’assise du travail quotidien du médecin de famille : prendre soigneusement note des antécédents médicaux du patient, faire un examen aussi compétent que possible dans les circonstances, tenir compte du contexte et rassembler les ressources disponibles pour améliorer la situation du patient.

Les vols les plus longs ont généralement à bord d’abondantes ressources : défibrillateurs, équipements de perfusion intraveineuse, médicaments d’urgence. On peut aussi compter sur d’autres ressources médicales. En général, les prestataires de soins sont plus nombreux sur les avions plus gros, et c’est un soulagement lorsque la responsabilité peut être partagée.

Un jour, j’ai eu à soigner un jeune homme qui avait été mordu par un scorpion clandestinement dissimulé dans le jean dans lequel il s’était changé pendant le vol. J’ai parlé avec le médecin de garde de la compagnie aérienne et je lui ai envoyé une photo du scorpion. En fin de compte, c’était un type moins inquiétant ; un antihistaminique oral a aidé à atténuer la réaction locale. Par contre, l’idée d’avoir à utiliser certains de ces équipements est intimidante. Heureusement, je n’ai jamais eu besoin du défibrillateur, mais je peux vous dire qu’insérer une intraveineuse en cours de vol n’a rien de facile.

La décision la plus difficile est à savoir si la condition du patient exige de détourner le vol vers l’aéroport le plus proche. Je n’ai jamais eu à vivre cette situation, même s’il en a parfois été question. Pour tout problème grave, il faut absolument que du personnel médical d’urgence soit sur place à destination pour prendre en charge le traitement. Si le traitement offert en vol a quelque peu réussi, il faut parfois convaincre le patient qu’une réévaluation en règle s’impose dans un cadre médical normal.

Je souhaite à tous mes collègues un été rempli de plaisir, de repos et de santé. Si vous voyagez, je souhaite la même chose à vos covoyageurs, et s’ils ont besoin de votre aide, je vous souhaite beaucoup de succès.

David White, MD, CCMF, FCMF
Président 
 

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